Voici le dernier numéro d'Actu Biodiversité d'octobre 2009, rédigé par FNE. Comme à son habitude,
il est composé de différentes rubriques comme celle du Hérisson en action, ou encore Actualités de la Nature. Par ailleurs, vous trouverez un dossier analysant les principales dispositions du projet de loi Grenelle II, adopté par les sénateurs,
concernant la biodiversité.
http://www.fne.asso.fr/documents/actu-nature/actu_biodiversite_80.pdf
Bonne lecture!!!
communiqué de france Nature Environnement :
Les députés membres de la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire de l’Assemblée nationale vont examiner en 2ème lecture, les 19 et 20 mai prochains, le projet de loi « Grenelle 1 ». France Nature Environnement, la Ligue ROC, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et la Fondation Nicolas Hulot soulignent l’urgence de voter ce texte tout en proposant d’affermir certains points.
Nos organisations sont très inquiètes de la durée de l’examen du projet de loi de programmation relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement (« Grenelle 1 »). Alors que le grand public pense que « la loi Grenelle » est déjà adoptée, nous ne sommes pas assurés de son adoption avant la fin de la session parlementaire en juillet. L’urgence écologique, aggravée par la crise économique, exige que le texte soit voté afin que les mesures qui en découlent puissent être prises, et que le projet de loi Grenelle 2 puisse être discuté et adopté à son tour le plus rapidement possible.
ENERGIE-BATIMENTS : PAS DE RENOVATIONS A MINIMA
Dans le domaine des bâtiments, même si les associations estiment que les objectifs de rénovation des bâtiments anciens sont ambitieux, un objectif de consommation énergétique moyenne du bâti rénové doit être précisé. Il faut éviter que des rénovations « de surface » soient effectuées et requièrent de nouveaux travaux à moyen terme, que ce soit pour le parc ancien privé ou le parc des logements sociaux.
TRANSPORTS : PRESERVONS L’ESPOIR DES TRANSPORTS DURABLES
Pour définir la nouvelle politique des transports, avec « un changement drastique », les associations demandent aux élus de maintenir les engagements de l’Etat pour une application universelle de l’éco-taxe poids lourds. Si certaines régions sont exemptées, ce sont les autres régions qui devront apporter une contribution supplémentaire.
CANAL RHIN-RHONE, LE RETOUR !
Habillement camouflé dans une étude sur les liaisons fluviales entre le bassin Rhône- Saône et le bassin Rhin- Moselle, le
canal Rhin-Rhône fait son retour. Projet abandonné pour des raisons d’impact environnemental, le canal Rhin-Rhône n’est pas une solution soutenable pour les territoires concernés :
c’est la raison pour laquelle les associations proposent de l’oublier une fois pour toutes !
AGRICULTURE : L’OBJECTIF DE REDUCTION DES PESTICIDES EN PERIL
Le texte soumis à l’Assemblée nationale indique que l’objectif de la diminution de 50% de l’usage des pesticides « ne doit pas mettre en danger des productions, notamment les cultures dites mineures ». Par « cultures mineures », les sénateurs entendaient notamment l’arboriculture fruitière, grande consommatrice de pesticides. Or, l’objectif de réduire de moitié l’usage des pesticides en 10 ans relève de l’intérêt général. Il nous concerne tous : agriculteurs toutes productions confondues, collectivités, jardiniers, agents des collectivités et citoyens. Il est donc essentiel de ne pas exclure dans le projet de loi certaines activités de cet effort collectif .
BIODIVERSITE : UNE TRAME VERTE ET BLEUE AUX CONTOURS ET A L’AVENIR ENCORE INCERTAINS !
Si la loi affirme bien la nécessité de créer la trame verte et bleue d’ici 2012, elle reste imprécise sur plusieurs points essentiels pour l’avenir. La loi doit rappeler le besoin d’inventaire
complet, elle ne peut pas restreindre les zones noyaux aux seuls espaces protégés dans le droit de l’environnement (alors que beaucoup d’espaces non-protégés contribuent déjà à ce maillage) et la
compensation ne peut être envisagée qu’en dernier recours.
L’EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT, PARENT PAUVRE DU PROJET DE
LOI
Communiqué de presse de France Nature Environnement - Mardi 5 mai
Plan de relance et suppression des enquêtes publiques
Non à « karchérisation » du code de l’environnement !
Patrick Devedjian, à l’occasion d’un point d’étape sur la mise en œuvre du plan de relance a annoncé la suppression de procédures d’enquêtes publiques. Cette annonce intervient à la suite
d’une réforme votée au mois de janvier qui assouplit déjà les conditions d’autorisation des activités industrielles au détriment de la protection de l’environnement. Réaction.
Une réforme irrationnelle
Patrick Devedjian a annoncé avoir soumis à la consultation interministérielle un texte visant à relever le seuil de déclenchement des enquêtes publiques. En clair : le but est de permettre
l’autorisation d’un maximum de projets à risques sans concertation et information du public (riverains, associations, élus, etc…)
Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « la création des enquêtes publiques environnementales par la loi Bouchardeau du 12 juillet 1983 est un progrès
démocratique pour lequel les associations se sont battues. Sa remise en cause est un scandale ! »
Sébastien Genest poursuit : « Cette annonce, réalisée sans aucune consultation préalable, n’a aucun intérêt ni économique ni écologique. Pire, elle sous-entend que l’écologie ne rime pas avec
économie, cette vieille erreur que les acteurs du grenelle avaient pourtant enterré. Décidément, certains font tout pour que ce plan de relance ne soit pas vert mais bien gris foncé ».
Oui à la simplification, non à la régression
Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « Cette annonce n’a pas de sens. L’urgence est d’améliorer pas de supprimer les enquêtes publiques. L’urgence pour la France est de se conformer à
ses engagements européens et internationaux. L’urgence est de faire en sorte que les citoyens aient envie de participer aux enquêtes publiques ! L’urgence n’est pas de karchériser le code de
l’environnement ! ».
Pour FNE, il faut réfléchir à la raison pour laquelle le public pourrait bouder certaines enquêtes publiques. A l’évidence, le public a parfois l’impression que les jeux sont faits et les projets
ficelés avant même la consultation. De plus, pendant l’enquête publique, les conditions de participation et d’accès à l’information pourraient être grandement améliorés...
FNE note que la suppression plutôt que l’amélioration des procédures de concertation peut conduire la France à être en infraction avec ses engagements européens. FNE réclame depuis longtemps le respect des dispositions de la convention signée à Aarhus en 1998 aux termes desquelles le public doit êter consulté
Et le 3e régime...
Cette annonce d’une suppression d’enquêtes publiques vient s’ajouter à la réforme dite du « 3e régime » que FNE combat avec acharnement dans son principe même. La loi portant plan de relance
votée le 17 janvier dernier prévoit en effet un assouplissement des conditions d’autorisation de la plupart des installations classées soumises à autorisation au détriment de l’évaluation
environnementale, de la concertation etc…
Au final, ces mesures ne serviront pas les industriels vertueux, qui ont compris que l’écologie est un atout pour demain. Elles ne répondent probablement qu’aux souhaits de quelques industriels habitués des contentieux environnementaux.
Le 7 janvier dernier, la coalition l’Alliance pour la planète, qui regroupe Greenpeace, le Fonds mondial pour la Nature (WWF), les Amis de la Terre, Max Havelaar et plusieurs dizaines d’autres organisations, a mis en ligne la carte de France des projets « Grenello-incompatibles ».
En effet, de trop nombreux projets s’inscrivent, au cœur de nos territoires, en contradiction totale avec l’esprit du Grenelle de l’environnement.
Dans le cadre du recensement national qui est en cours, le projet des Effaneaux a dès à présent été sélectionné avec une vingtaine d’autres projets emblématiques de ce qu’il ne faut plus faire. En effet, implanter une zone de logistique Seveso sans report modal et sans accès direct sur autoroute, au milieu d’un ensemble de ZNIEFF et de zones Natura 2000, et au sein du périmètre d’étude du futur PNR de la Brie et des deux Morins, parait aberrant.
Cette carte est consultable sur le site www.lalliance.fr
Isabelle Jérome
Présidente de l’APESA
(Association de Protection de l’Environnement de Ste Aulde)
Un scrutin clair pour un message clair. Sébastien Genest, Président de FNE déclare : « Le scrutin est clair et le message aussi ! Nous saluons les travaux et le vote des députés qui ont fait preuve d'un esprit de responsabilité et d'exigence écologique. Alors que la mort du Grenelle est annoncée chaque jour depuis un an, c'est un vote d'espoir pour la suite de ce nouvel exercice démocratique que France Nature Environnement a constamment animé avec vigilance. Cet espoir ne doit pas être déçu. La mobilisation de tous est nécessaire pour que le train Grenelle continue d'avancer et pas seulement au Parlement. Nous avons toujours dit que le Grenelle doit se faire tout autant dans les têtes que dans les textes ».
La feuille de route est validée, passons aux travaux pratiques. Sébastien Genest poursuit : « La route est encore longue mais le vote de l'Assemblée nationale, qui doit être confirmé au Sénat, est un sacré coup d'accélérateur. Il faut désormais mettre le cap sur la loi de finances et le projet de loi Grenelle II pour répondre à l'impatience des français : que le Grenelle change concrètement leur vie et notre environnement ».
La reconnaissance des associations. Pour Sébastien Genest : « Il faut saluer le travail de tous les militants qui se sont investis sur le
Grenelle depuis un an. Les associations sortent grandies et reconnues de ce nouvel exercice démocratique. Les députés leur ont reconnu un véritable statut de partenaires environnementaux. Nous
continuerons d'assumer notre responsabilité qui est celle d'animer un nouveau dialogue environnemental, sans sinistrose et sans naïveté ».(Communiqué FNE)